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Communauté de communes du Pays Toy : Rien ne va plus !

mercredi 30 mars 2011 par Rédaction

Lundi soir , la communauté de communes devait, entre autres, élire deux vice-présidents dont les places étaient vacantes depuis plusieurs mois. Aucun candidat. Difficile de mener une gestion normale de la collectivité.

Hier après-midi, Jean-Louis Noguère nous déclarait : « Conformément à mon engagement pris hier soir [Ndr : lundi soir] j’ai remis ma démission à Monsieur le Préfet auprès de Monsieur le Sous-Préfet ce matin ». Il précise : « Luz et Esquièze persistent dans le boycott des commissions ». Le président devant tout assumer, des poubelles jusqu’aux critiques, il a préféré se retirer laissant les 15 communes devant leurs responsabilités.

Historique de la vallée

La vallée de Barège, appelée aujourd’hui Pays Toy, a une longue histoire d’autonomie et de gestion collective des territoires. Mais nous avons parfois l’impression que les communautés villageoises se sont mal adaptées aux changements de 1789 qui n’ont pas forcément été un progrès pour tout le monde.

De ce que nous connaissons de l’histoire, c’est le 13 novembre 1272 que Raymond Garcie VII, dit Maziéres, seigneur de Castelloubon, échange avec Eschivat de Chabannes, comte de Bigorre, la vallée de Baretge et l’ensemble de ses communautés et quartiers. En contrepartie de cet échange il reçoit les terres de Préchac, Bages, Vier, Andrest et Troignan ainsi qu’une rente de vingt-trois sous morlans. Les dix-sept villages de la vallée de Barèges, tels que connus aujourd’hui, étaient alors regroupés en quatre vics : le vic du plan, le vic débat, le vic darrélaïgue et le vic de Labadsus (Bat sus). Une forme de démocratie directe existait pour gérer villages et terres collectives jusqu’à l’apparition des communes en 1789 pour les villages (avec de nombreuses modifications durant près d’un siècle, la commune de Barèges étant la dernière crée en 1946) et la formalisation d’une commission syndicale par ordonnance de Louis-Philippe le 8 mars 1839 (50 ans après la révolution) pour la gestion des terres indivises au-delà du périmètre des villages.

Une évolution imposée

La dernière commune créée n’avait pas 50 ans que déjà des structures intercommunales commençaient à vouloir s’imposer. Gèdre et Gavarnie ont débuté le 4 mai 2000, un peu par nécessité de gestion d’un espace touristique. Pendant ce temps, les 15 autres communes faisaient de la résistance alors que les pouvoirs publics avaient dans l’idée de voir disparaître la commission syndicale au profit d’une vaste communauté de communes. Mais, dans cette vallée, le poids de l’histoire a toujours été plus fort que celui de l’administration. Néanmoins, en novembre 2009, la communauté de communes du Pays Toy naissait dans la douleur et un peu dans la précipitation sous une très forte pression du représentant de l’Etat. Le 30 novembre 2009, Jean-Louis Noguère, maire de Sers, est élu premier président sans beaucoup d’enthousiasme de la part des communes de Luz et Esquièze-Sère. Un manque d’enthousiasme qui s’est concrétisé par la suite par un « boycott » des commissions. Néanmoins, comme le précise Alain Lescoules, maire de Luz, dans un entretien avec
Michel Do Carmo le 29 janvier 2009 : « Même a minima l’intercommunalité nous permet de garder notre statut de Zone de Revitalisation Rurale et tout son avantage social et fiscal. ».

Restons positif et parions qu’un accord sera trouvé pour prendre la tête de cette communauté de communes et la faire fonctionner dans l’intérêt de tout le Pays Toy sans contrainte et pression extérieure contrairement au passé. Dans l’attente de nouvelles élections, le Président sortant, Jean-Louis Noguère, assurera les affaires courantes.

Louis Dollo