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Départ de Myriel Porteous, sous-préfète : l’assemblée gagnée par l’émotion

lundi 4 juin 2018 par Rédaction

Ils étaient nombreux à la salle des fêtes de Beaucens pour la cérémonie organisée à l’occasion du départ de Myriel Porteous, sous-préfète d’Argelès-Gazost, promue sous-préfète de Limoux, dans l’Aude. Parlementaires, élus, corps préfectoral, chefs de service de l’administration, personnalités diverses avaient tenu à rendre hommage à Myriel Porteous, un serviteur de l’Etat qui a été à l’écoute des élus et de la population, « une virtuose dans l’art d’exercer sa fonction », comme l’a souligné la préfète Béatrice Lagarde qui ne cachait pas son émotion de voir partir une collaboratrice de qualité.

Exceptionnellement, une entorse était faite au protocole, la préfète autorisant la députée Jeanine Dubié à faire l’éloge de la sous-préfète qu’elle s’est permis de tutoyer.

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Béatrice Lagarde prenait le relais et retraçait le parcours de Myriel Porteous depuis le mois de juin 2016, date de sa prise de fonction à la sous-préfecture d’Argelès-Gazost.

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Le discours de Myriel Porteous

"Vous vous rappelez sans aucun doute cette nouvelle de Daudet, le sous préfet au champ : Et les sources lui font sous la mousse une musique divine ; et dans les branches, au-dessus de sa tête, des tas de fauvettes viennent lui chanter leurs plus jolis airs : et tout le petit bois conspire pour l’empêcher de composer son discours.

Eh bien moi c’est l’émotion qui a étreint ma gorge et ma plume au moment de vous dire au revoir.

Partir est le destin du corps préfectoral. Mais Partir, c’est à chaque fois une épreuve, un deuil. C’est quitter les visages familiers, appréciés, des personnes que l’on a et qui nous ont apprivoisés comme le dirait le Renard du petit prince. Alors vous voir ici tous rassemblés est un moment d’intense émotion que je n’oublierai jamais.

C’est aussi pour moi l’occasion d’exprimer ma plus profonde gratitude et reconnaissance à toutes celles et ceux avec qui j’ai travaillé en toute confiance, en toute amitié, pendant ces 2 années.

Merci : A vous tout d’abord Mme la préfète pour les propos que vous venez de tenir. Ils me vont droit au cœur. C’est une page qui se tourne. A Limoux, Je penserai à ces mercredis matin où gâteaux et chocolats nous rendaient douces et sucrées nos réunions matinales. Je repenserai avec nostalgie à tous ces moments partagés, au climat de solidarité et de camaraderie qui vous avez su créer par des moments de convivialité, à votre management collaboratif qui associe corps préfectoral et l’ensemble des directeurs et des chefs de services de l’État. Je repenserai également à vos petits noms affectueux avec lesquels vous nous appelez.

J’ai une pensée très émue pour mes collègues du corps préfectoral, Catherine, Marc et Gilbert : trois de vos mousquetaires sont déjà partis et voici que le 4ème vous quitte aussi.

Mais, souvenez vous de la devise des mousquetaires « un pour tous, tous pour un », elle vous indique que nous serons, en toute circonstances, toujours là pour vous.

D’ailleurs, les mousquetaires Constance, Sophie, Samuel et bientôt Sonia ont pris la relève et les fines lames qu’ils sont, seront fidèles à vos côtés dans vos missions haut-pyrénéennes.

Merci Madame la préfète pour la confiance que vous m’avez accordée dans le cadre de mes missions, des conseils et du soutien que vous m’avez prodigués. Merci pour votre humour décapant qui remet les situations à leur juste place, mais aussi pour votre humanité que vous avez démontré à maintes fois. J’ai beaucoup appris à votre contact et je souhaite vous exprimer ici ma reconnaissance.

La langue de bois n’est pas votre tasse de thé et rien ne vous insupporte plus que l’inertie et les conservatismes. J’ai donc essayé d’être à la hauteur et d’insuffler une dynamique énergique aux dossiers dont vous m’avez confié la charge.

Dans ces moments d’émotion, il me faut introduire une insoutenable légèreté : aussi je vous rappellerai cette phrase culte du film Forrest Gump : « Maman disait toujours : la vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! »

Dans la vie et les dossiers de cet arrondissement, j’y ai trouvé toutes les savoureuses qualités que l’on y trouve.

Le destin d’un sous-préfet c’est d’animer un arrondissement, d’être à l’écoute des élus, de prendre le pouls du territoire, de travailler à assurer la sécurité de celui-ci, d’anticiper les situations, bref, d’être tout à la fois un veilleur mais aussi un acteur efficace du territoire.

J’ai voulu pendant ces 2 ans saisir vos réalités au plus près du terrain, vous apporter des réponses, expliquer la position de l’Etat, mais surtout ne pas vous laisser sans solutions.

Je ne veux pas faire de bilan car un arrondissement c’est comme un livre qui déroule à l’infini ses pages pour que chaque sous-préfet écrive avec vous, sa vision du territoire et y inscrive son empreinte.

Nous autres sous-préfets, nous passons et vous restez parce que votre vie est ici, que vous êtes l’âme de ce territoire : nous n’avons pour ambition que de vous écouter et de vous aider.

Car c’est l’écoute de ceux que nous servons qui nous rend humble face à vos besoins. Et notre crédibilité réside dans les réponses que nous vous apportons. Si nous ne sommes pas des « faiseurs de miracles », nous sommes « porteurs d’espérance », et nous veillons à garder allumée la flamme de l’espoir.

Les dossiers que j’ai portés sont autant de noms qui se sont gravés dans ma mémoire, Gorges de Luz, Lourdes et les sanctuaires, Gavarnie, Pyrénées -Mont Perdu, Viella, Gazost, Luz Saint-Saveur, Esterre, Esquièze, Sazos, Viscos, Grust, Saligos, Luz-Ardiden, Cauterets, Bachebirou, le Lac d’Estaing, le Wallon-Marcadau, Le Bastan, le lac des gaves, le Pibeste, Arrens-Marsous , Gaillagos, Saint-Savin, Aucun , Arras en Lavedan, Arcizans-dessus, Ourdis-Cotdessan etc...

Ce sont autant de dossiers évocateurs d’évènements et autant de facettes de la vie d’un territoire, avec son lot de difficultés, de tristesse, de joies, de bonheurs, de rencontres humaines, de travail collectif, d’échanges.

A travers eux, j’ai pu prendre la mesure de l’esprit haut pyrénéen mais aussi l’âme de cet arrondissement si attachant, de ses attentes, de ses besoins, de ses ressources et de ses talents.

Ce travail nous l’avons réussi par force d’anticipation, de médiation, de recherche et de proposition de solutions. Je dis nous, parce que c’est le travail de nous tous ensemble :

-vous tous, parlementaires et élus du conseil départemental avec qui j’ai pu travailler dans une confiance totale empreinte de respect et d’estime mutuels.

-vous tous les maires qui êtes la richesse et la vigueur de cet arrondissement,

-vous, les forces de sécurité et de secours qui protégez cet arrondissement avec un extraordinaire dévouement,

-vous, les éleveurs et agriculteurs, les acteurs de la société civile, vous êtes les fers de lance de ce territoire grâce à votre énergie et votre engagement.

C’est bientôt l’heure de se séparer et je voudrai dire merci :

-aux agents de la préfecture, aux services de l’État DDT, DDCSPP, ABF, DDFIP, Direccte, ARS qui apportez votre expertise, vos connaissances et compétences, avec l’art de mettre cette pointe d’humour et de chaleur, qui permet de travailler ensemble dans la bonne humeur et la compréhension mutuelle de nos métiers.

Je mesure la chance d’avoir eu ces relations de travail aussi confiantes et constructives.

Je voudrai enfin remercier « la ligue des gentlemen extraordinaires » : mes collaborateurs avec qui j’ai partagé ces 23 mois.

lls ont pour noms Christiane, Françoise, Alexandra, Jeannine, Noëlle, Dominique, Marc, Francis, Gwénaëlle sans oublier Maïté.

Je voudrai rendre un hommage vibrant à leur implication, à leur immense disponibilité, à leur sens du service public et de l’intérêt général.

Nous avons formé, j’aime à le penser, une équipe soudée réunie pour le meilleur et l’efficience, où nous aurons partagé ensemble des vrais moments de partage. Merci au capitaine Christiane compétente, disponible et motivée, Merci à toute l’équipe qui avait veillé à ce que tout marche bien avec efficacité et humour, soyez en remerciés du fond du cœur.

Merci chers représentants de la presse, j’ai eu plaisir à collaborer avec vous, vous qui êtes toujours disponibles à faire vivre les émotions de cet arrondissement.

Mille Mercis à Pierrette, Ginette, Marie, Christophe, les 2 Pierrots et Albert qui m’ont montré ce qu’est le véritable esprit de famille.

J’ai donc passé 23 mois en dans les Hautes-Pyrénées. Je veux vous dire à quel point ce temps s’est déroulé à la vitesse de l’éclair.

23 mois de moments extraordinaires ponctués d’événements douloureux, de moments parfois difficiles, mais aussi des jours festifs et heureux voire extraordinaires. Cela fait dans ma mémoire comme un kaléidoscope aux images chatoyantes.

J’emporte avec moi la beauté rayonnante du coquelicot d’Argelès et tous ces moments chaleureux qui me réchaufferont le cœur. Tous ces souvenirs tissés avec vous tous, sont pour moi comme une sorte de vitrail, que je pourrai regarder à l’envi.

Voilà, je voudrai terminer sur un hommage particulier à celle qui m’a supporté et a partagé ma vie pendant 23 mois : Noëlle. Noëlle qui a veillé sur moi et m’a aidé dans ma vie quotidienne.

Merci Noëlle pour tous ces moments partagés, que je n’oublierai pas, vous tous je ne vous oublierai pas.

Une sous-préfète vous quitte ? Une autre la remplace ! Mais une amie vous reste et qui reviendra, je l’ai promis.

Et si vous avez un doute, tournez votre regard vers les hautes estives vous apercevrez la bouquetine Myriel y gambader, elle est le gage de mon retour.

A l’heure du départ, dans mon pays, l’Ecosse on chante : ce n’est qu’un au revoir,

Adishats, que mem voy ! Je reviendrai par un beau matin l’ami !!!

Ici, tout se termine par un chant :

Madame la préfète, si vous voulez bien m’accompagner : Liberté, liberté chérie. Chant repris en chœur par l’assistance.

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Nous nous joignons à l’ensemble des éloges qui ont été adressés à la sous-préfète qui a été un remarquable serviteur de l’Etat et qui entretenait d’excellentes relations avec la presse. Nous lui souhaitons une brillante poursuite de sa carrière".

G.M.