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Entendez-vous la parole d’ours ?

jeudi 20 mai 2010 par Rédaction

Entendez-vous la parole d’ours ?

Comme chaque année, les associations de défense de l’ours mènent une campagne de sensibilisation en faveur du plantigrade pour recruter des volontaires et aller à la « rencontre les populations locales et les gens de passage dans les Pyrénées, au sujet de l’ours ». http://www.paysdelours.com/fr/lancement-de-ledition-2010-de-parole-dours-le-mercredi-19-mai-2010-a-toulouse.html?cmp_id=50&news_id=742&vID=249

Selon eux, cette opération « d’éco-bénévolat répond à une forte demande d’information sur la biologie de l’ours brun, de l’attitude à adopter en cas de rencontre, et permet également de recueillir l’avis des habitants et des gens de passage, dont les touristes, sur la présence de l’ours dans les Pyrénées ».

Dans un communiqué du 17 août 2009, les associations ADET-Pays de l’ours et FERUS écrivaient :

« Dans la continuité de l’édition Parole d’ours 2008, une dynamique se créée au sein de la population locale en faveur de l’ours dans les Pyrénées. Pour 2009, les premiers chiffres montrent l’ampleur du travail déjà réalisé :

• 94 communes visitées, certaines plusieurs fois (commerçants, marchés locaux, départs de randonnées …)
• Plus de 70 000 brochures et dépliants distribués
• Déjà près de 1 000 personnes rencontrées et questionnaires complétés »

Et il était précisé que : « Parole d’ours est un programme créé et géré par l’association Ferus, grâce à un financement de la Fondation Nature et Découvertes et de la DREAL Midi-Pyrénées ». C’est, en somme, financé par l’Etat c’est à dire l’argent du contribuable échappant à tout contrôle d’utilisation comme mentionné par plusieurs rapports de mission parlementaire et un rapport de l’inspection générale des finances de 2003.

Selon une dépêche de l’AFP d’hier, 19 mai http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iPjKkQ3gx2ILlHbkTsZDgInvaCsQ
 : « L’association, qui assure avoir déjà recueilli 10.000 signatures, espère que la ministre de l’Environnement Chantal Jouanno viendra dans les Pyrénées en juin pour annoncer un nouveau plan... » Selon des sources bien informées, il semble que du côté de Jean-Louis Borloo rien ne presse. Il y a probablement plus urgent à faire pour la biodiversité et la planète. Quant aux signatures, il est assez remarquable qu’en quelques heures elles doublent en passant de 5 000 à 10 000.

Selon les déclarations d’Alain Reynes, Directeur de l’ADET à l’AFP : « Il faudrait atteindre une cinquantaine d’individus pour des raisons démographiques mais aussi génétiques… ». Surprenant lorsque nous savons que, jusqu’à maintenant, tous les spécialistes étrangers venus au chevet de l’ours des Pyrénées, estiment qu’il en faudrait au minimum 150 et que dans les Asturies, les spécialistes locaux y compris les associations de protection de la nature estiment que la population cantabrique de 120 individus est insuffisante pour être pérenne. Il y a là des incohérences difficiles à comprendre.

Il est précisé que : « M. Reynes fait valoir le développement des mesures de protection des troupeaux, et se dit prêt à "de nouvelles mesures d’accompagnements" ». Il peut toujours le dire puisque ce n’est pas lui qui paie. Mais, vu la crise économique et les mesures de restrictions budgétaires, il est difficile d’imaginer que l’ours soit plus important que la dette publique, les besoins des hôpitaux et autres services publics, le régime des retraites, etc… Quoique, lorsque nous voyons la progression de certains postes budgétaires des parcs nationaux validés par les conseils d’administrations, nous pouvons, là aussi, nous interroger.

Si, comme l’indique M. Reynes à l’AFP : "Le plan ours a permis de développer la population de chiens de troupeaux de plusieurs dizaines par an pour atteindre 300 unités, et de cofinancer le salaire de 200 bergers", il ne faut pas perdre de vue que, non seulement on ne fabrique pas à la chaîne des chiens Patou correctement dressé et qu’il s’agit d’emplois totalement subventionnés à contrat saisonnier précaire. Doit-on continuer à créer une situation de chômage permanent dans les vallées de montagne ?

Voilà des éléments qui n’échappent aux associations « hostiles aux importations d’ours » notamment à l’ASPAP, dans l’Ariège, qui a bien entendu la « parole d’ours » et le fait savoir dans un communiqué pour le moins ironique (lire)

Louis Dollo