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Notre-Dame d’Héas : une fête des guides sur les traces de l’histoire

jeudi 16 août 2012 par Rédaction


Il est loin le temps où des bergers virent des colombes leur
montrer l’emplacement où devait s’ériger la chapelle. Aujourd’hui, ils n’iront
pas tenter de dérober la vierge de Notre Dame de Pinède en Aragon en passant
par le Port de la Canau. L’époque est beaucoup plus sereine, la chapelle est là
avec sa vierge.

<span
style='font-size:14.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:115%'>Une dure
histoire de montagnards

Le lieu ne fut pas toujours aussi hospitalier
qu’aujourd‘hui. Cette chapelle a connu bien des difficultés pour exister.

Le lieu a toujours été fréquenté par des bergers<span
style='mso-spacerun:yes'> de la bat deth Baredge aujourd’hui canton de
Luz et par des bergers aragonais de la vallée de Broto qui louaient les pacages
pour l’été. Selon des documents authentiques, le pèlerinage existait en 1349
sans que nous puissions dire s’il existait avant. Preuve de l’existence d’un
lieu de culte et d’accueil des pèlerins. Mais ce ne fut pas un long fleuve
tranquille.

Des familles importantes du pays protégèrent et patronnèrent
l’installation du sanctuaire et de l’Hostellerie-Hospice, dont le prieuré de
Héas assura le service. Fréquentée par les bergers de Luz, de Gavarnie, ainsi
que par des bergers espagnols à qui des pâturages étaient loués, la haute
vallée de Troumouse connut une nouvelle vie. Dès 1349, des documents
authentiques font foi de la célébrité des lieux : des pèlerinages avaient pris
naissance. Y en avait-il avant ?

En 1580, la chapelle et l’"hospital" furent
incendiés. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les restes furent emportés
par une avalanche. Mais les Toys résistent et reconstruisent. Une nouvelle
avalanche l’emporta le 10 février 1600,
hiver terrible qui vit la disparition du village de Saint-Martin au pied de
Viey. Et les malheurs se poursuivent dans cette vallée. En 1650, un éboulement
ferme la vallée au niveau de l’actuelle bifurcation pour le barrage des
Gloriettes créant ainsi un lac. En mémoire, nous pouvons voir une Vierge
au-dessus de la route : La "Vierge de l’Araillé".

La chapelle est reconstruite de 1717 à 1724 et la cloche
fondue en 1643 est enfin installée.

Et les catastrophes se poursuivent. A la suite d’importantes
pluies, le barrage naturel cède en 1788, le lac se vide et inonde toute la
vallée. En 1793, la révolution est mal
vécue dans ces vallées. Les habitants murent les entrées de la chapelle.
Celle-ci est sauvée des conséquences révolutionnaires. La chapelle reste fermée
jusqu’en 1848, par précaution. Monseigneur Laurence, l’évêque des apparitions
de Lourdes la rendit au culte. La cloche actuelle fut bénite le 24 juillet
1892. Mais le 23 janvier 1915, une troisième avalanche frappe la chapelle et la
détruit. Elle est reconstruite en 1925 et ouverte au culte le 8 septembre 1926.
Et dans toutes ces catastrophes, la vierge a survécu.

Le 15 mai 1955, Mgr Théas, Evêque de Tarbes et Lourdes,
remet le Sanctuaire aux Pères de Garaison qui y assurent un ministère régulier
durant l’été. La procession de la vierge de la chapelle au pont de l’Aguila a
cessé dans les années 1950. Elle retrouve toute sa signification avec les
guides ce mercredi 15 août 2012.

<span
style='font-size:14.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:115%'>Une
cérémonie émouvante

C’est avec ferveur qu’environ 200 personnes ont suivi la
messe dans la prairie derrière la chapelle sous la protection de la Vierge
sortie pour l’occasion de la chapelle. Un office chanté par l’orphéon de Luz
avec notamment l’ »Avé Maria de Barèges » en gascon de la
vallée : « Nous aous bous, Mario benedito… ». La messe est
concélébrée par le Père André Baqué et par l’abbé Jouanolou.<span
style='mso-spacerun:yes'> Cordes et piolets sont bénis comme le veut la
tradition pour protéger les guides. A l’issue de la messe, les guides portent
la vierge jusqu’au pont de l’Aguila d’où « la tradition rapporte que des
bergers virent deux blanches colombes se poser auprès d’une fontaine, à
quelques pas du torrent » accompagné du chant « Auguste
Souveraine ». Sur le pont, l’Orphéon interprétera
« L’avalanche »…. Que votre bras puissant l’arrête »… Mais
la chapelle ne fut pas pour autant épargnée au cours des siècles.

Un arrêt devant la plaque d’Henri Chapelle pour un
« salut aux guides d’Héas disparus » 
prononcé par Henri Nogué mais aussi de tous les autres guides disparus
avec Daniel Lanne. Et retour à la chapelle avec « Vierge de la
montagne ».

Les guides
présents :

  • Henri Nogué
  • Pascal Nogué
  • Gilbert Thévenet
  • Louis Courtade
  • Jean-Jacques Destrade
  • Modeste Crampe
  • Daniel Lanne
  • Mathias Trey
  • Louis Adagas
  • Jean-Denis Prissé
  • Baptiste Lons
  • Alain Maistre
  • Laurent Cazaux

L’association « Montagne Culture Avenir » présidée
par Patrick Aldeguer et animée par Irène Chourré a également participé à la
réussite de cette fête.

Louis Dollo

PHOTOS LOUIS DOLLO